Une année de croissance avec les lauréates de la Bourse de stage de leadership en conservation pour les femmes des Premières Nations
Les lauréates Mary-Jo Michell et Taylor Galvin entourées des membres du Cercle des Tantes au Rassemblement national des gardiens des Premières Nations, à Victoria, en Colombie-Britannique.
22 juin 2026
Peu après l’annonce, en juin 2025, des deux premières lauréates de la Bourse de stage de leadership en conservation pour les femmes des Premières Nations, celles-ci ont passé une journée en compagnie des membres du Cercle des Tantes, réunies pour les entourer et les accompagner. Les Tantes ont accueilli Taylor Galvin et Mary-Jo Michell au sein du programme et leur ont remis un ballot contenant des remèdes traditionnels, des livres et d’autres cadeaux. Chaque ballot était placé dans un sac traditionnel innu offert par Valérie Courtois, directrice générale de l’Initiative de leadership autochtone. « Les Innus sont un peuple nomade, a expliqué Valérie. Et nous entreprendrons ensemble un parcours nomade dans le cadre de ce programme. Nous voulons que vous puissiez emporter ce dont vous avez besoin et enrichir votre ballot au fil du parcours. »
Un an plus tard, ces ballots sont bien remplis.
À la cérémonie de clôture, le 26 mai 2026, les boursières ont décrit ce qu’elles avaient recueilli en cours de route. « Cette expérience a changé ma vie, a confié Mary-Jo. J’ai beaucoup appris cette année, et je continue de transmettre ces connaissances autour de moi ».
« Ce stage m’a fait comprendre que j’avais ma place dans ces espaces, a mentionné Taylor. J’ai longtemps souffert du syndrome de l’imposteur. Je sais maintenant que nous sommes l’avenir. Nous incarnerons le changement, dans la conservation, la protection du territoire ou les programmes des gardiens. Et peut-être qu’un jour, Mary-Jo et moi ferons partie du Cercle des Tantes! »
Les boursières Taylor Galvin et Mary-Jo Michell, en compagnie de Valérie Courtois, directrice générale de l’Initiative de leadership autochtone, sur le point de descendre dans le métro de New York pendant la Semaine du climat 2025.
Apprendre par l’expérience
Ce stage permet aux lauréates de perfectionner leurs compétences en conservation dirigée par les Autochtones, en science occidentale, en leadership interculturel, en communication stratégique et en politiques publiques, tout en cultivant un leadership durable, enraciné dans le bien-être et l’identité.Une grande partie de cette croissance se fait sur le terrain.
La boursière Mary-Jo Michell accueille sur son territoire, ƛ̓əq̓ƛ̓aqtn, à Kanaka Bar, la gardienne Angela Bernarde, de l’aire protégée et de conservation autochtone de Tulita, dans le cadre d’un échange de récits vidéo.
« Organiser conjointement ce programme a été une expérience formidable pour l’Initiative de leadership autochtone, se réjouit Valérie Courtois. Il nous a permis de grandir et d’apprendre d’une génération à l’autre, d’élargir nos réseaux et de renforcer notre engagement à veiller les unes sur les autres, ainsi que sur nous-même. Cette bourse de stage reflète profondément les valeurs de notre organisation, et je suis fière que nous ayons pu y contribuer. »
Apprendre par l’expérience
Ce stage permet aux lauréates de perfectionner leurs compétences en conservation dirigée par les Autochtones, en science occidentale, en leadership interculturel, en communication stratégique et en politiques publiques, tout en cultivant un leadership durable, enraciné dans le bien-être et l’identité.Une grande partie de cette croissance se fait sur le terrain.
La boursière Taylor Galvin se joint à des scientifiques de WCS Canada pour réaliser du travail de terrain près de Nelson, en Colombie-Britannique.
Ces deux premières lauréates ont notamment vécu les expériences suivantes:
un voyage à Yellowknife pour en apprendre davantage sur l’initiative Notre territoire pour l’avenir, un partenariat qui s’accompagne d’un financement de 375 millions de dollars à l’appui de la conservation, de l’intendance et du développement économique dirigés par les Autochtones;
une participation au Rassemblement national autochtone sur le feu, où des détenteurs du savoir ont parlé de brûlage culturel, de lutte contre les feux de forêt, de rétablissement des forêts et d’autres sujets;
une participation à un sommet portant sur des enjeux liés au territoire tenu dans le bassin versant de la rivière Seal, sur le territoire appelé à devenir une aire protégée autochtone de 50 000 km² dans le nord du Manitoba;
du travail de terrain avec l’équipe de WCS Canada sur les chauves-souris de l’Ouest, dans un camp isolé entouré d’immenses cèdres près de Nelson, en Colombie-Britannique.
Taylor dit avoir particulièrement apprécié son expérience au sein de l’équipe de terrain de WCS. « Cela m’a rappelé que la conservation n’est pas seulement une science. C’est une pratique qui exige d’être présente, d’apprendre les unes des autres et de se rappeler que la manière dont nous faisons le travail compte tout autant que le travail lui-même. »
Moment de détente après une journée de présentations et de groupes de discussion à la Semaine du climat 2025, à New York.
Les deux lauréates ont aussi participé à la Semaine du climat 2025, à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Elles ont assisté à des groupes de discussion, rencontré des décideurs du monde entier et contribué aux efforts visant à placer les voix autochtones au cœur de la réponse aux changements climatiques.
Leurs journées étaient chargées, et elles ont appris à composer avec cette intensité. « J’ai pu voir Val et Justina à l’œuvre comme leaders, comme présentatrices, mais aussi dans les moments plus calmes. J’ai vu à quel point il est important d’être bien entourée. J’ai vu comment tout le monde arrivait à s’adapter. L’un de mes objectifs dans le cadre de ce stage était de gagner en flexibilité, et j’ai pu voir les deux organisations suivre le mouvement, à mesure que les circonstances évoluaient. »
Justina Ray, de WCS Canada, Valérie Courtois, de l’Initiative de leadership autochtone, la lauréate Mary-Jo Michell, la ministre des Services aux Autochtones Mandy Gull-Masty, la lauréate Taylor Galvin, l’honorable Ethel Blondin Andrew, C.P., O.C., et Cathy Wilkinson, de l’Initiative de leadership autochtone.
Une semaine mémorable à Ottawa
À Ottawa, les deux lauréates ont rencontré des secrétaires d’État, des ministres, des sénatrices et des leaders autochtones. « Dès le départ, je savais qu’il fallait intégrer au stage un séjour à Ottawa, affirme Valérie Courtois. J’étais déterminée à offrir à nos deux lauréates un aperçu de la prise de décision au Canada et de la façon dont les Autochtones peuvent participer aux processus et faire entendre leur voix, ici, à Ottawa ».
Mary-Jo et Taylor ont visité le Sénat et ont été surprises de voir le président de la Chambre haute se lever pour souligner officiellement leur présence à la tribune du Sénat. « Entendre nos noms lus au Sénat, c’est quelque chose que je n’aurais jamais imaginé vivre. C’était très émouvant de mesurer tout le chemin parcouru depuis nos débuts », confie Taylor.
L’honorable Ethel Blondin Andrew, C.P., O.C., et les lauréates Mary-Jo Michell et Taylor Galvin dans la tribune de la Chambre du Sénat, où elles ont été officiellement reconnues par le Sénat.
Son séjour à Ottawa a donné envie à Mary-Jo de faire connaître cette expérience aux jeunes de sa communauté. « Je veux que nos jeunes sachent que peu importe d’où ils viennent, ils ont eux aussi leur place dans ces espaces. Ce n’est pas facile, et ce ne sera pas toujours confortable, mais il faut continuer d’avancer. Nos voix comptent. »
L’appui du Cercle des Tantes
Tout au long de l’année, les lauréates ont bénéficié de l’accompagnement du Cercle des Tantes. Les Tantes se sont réunies régulièrement en groupe et individuellement avec les lauréates pour leur offrir des conseils, réfléchir avec elles aux défis rencontrés et leur transmettre leur expérience du leadership et de la protection des terres et des eaux.
Cet accompagnement au cœur du programme de bourse de stage. « Le mentorat ne consiste pas à former quelqu’un. Il repose avant tout sur des relations individuelles, affirme Justina Ray, présidente et scientifique principale à WCS Canada. C’est une conversation continue, un processus qui évolue au fil du temps. Et au fil de ce processus, les deux personnes grandissent. Je grandis autant que les personnes que j’accompagne. »
L’amour et l’admiration des Tantes étaient bien visibles à la cérémonie de fin de parcours, en mai. Il y a eu des larmes de gratitude et beaucoup de rires, notamment à propos de la « pommade pour pointer des lèvres » que tout le monde avait reçue. Exactement le genre de chose dont les Tantes, et les futures Tantes, avaient besoin.
Linda McDonald, Aînée kaska de la Première Nation de Liard, a exprimé ce que beaucoup ressentaient : « C’est tellement réconfortant de voir à quel point vous avez grandi toutes les deux. Vous nous donnez de l’espoir, à nous, les Aînés. Nous savons que vous continuerez à porter ces savoirs. Votre cercle va s’agrandir, et vous transmettrez vos savoirs aux jeunes. »
« Que l’on parle du territoire, des animaux ou des gens, tout repose sur les relations et sur la manière dont on se comporte. Des liens se sont maintenant tissés entre nous. Nous pouvons continuer à nous entraider. Cela me va droit au cœur. »
Les lauréates Mary-Jo Michell et Taylor Galvin sur la Colline du Parlement.

